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De l’Eglise de nom à l’Eglise de Coeur, une histoire en couleurs

 

 

Monique Linas

Le 4 mars est presque un jour anniversaire. Qui dit anniversaire d’un évènement heureux dit souvent réjouissances. C’est un 19 février, après bien des péripéties, que l’existence de l’Église Adventiste du 7ème jour d’Auvergne est officiellement reconnue à la sous-préfecture de Vichy. Nous avons laissé passer cet anniversaire ; c’est celui d’une Eglise de nom et il n’y a pas vraiment de quoi se réjouir.

Il y a un autre anniversaire que nous n’avons pas fêté ou que nous ne fêterons pas, parce que nous n’en connaissons pas la date : c’est celui du jour où l’Eglise d’Auvergne de nom est devenue Eglise d’Auvergne de cœur. Alors, pas d’anniversaire, pas de réjouissances ? Bien sûr que non !

Avant de nous réjouir de ce que nous sommes, nous sommes invités à nous réjouir de ce que le Seigneur est. C’est ce que Paul dit et répète dans sa lettre aux Philippiens. Ce sera le verset-clé de cette méditation. « Réjouissez-vous de tout ce que le Seigneur est pour vous. » Philippiens 3.1

 

Bref historique de l’Eglise d’Auvergne

Je vais développer ce verset en racontant maintenant la belle histoire de l’Eglise d’Auvergne, depuis sa naissance officielle jusqu’à aujourd’hui. Cette belle histoire est sous forme de parabole. Pourquoi belle ? Parce que concrètement, l’histoire est riche en couleur.

A la création, Dieu nous a donné toutes les couleurs avec les lois qui leur sont propres et que l’on n’a pas fini de découvrir

* Pour la beauté de notre environnement
* Pour leur effet sur nous : bleu et vert apaisants ; rouge et jaune stimulants
* Pour mieux mettre en ordre, organiser, identifier, symboliser, comprendre
* Pour nous donner, parce que nous sommes à son image, la possibilité d’être créateur tout en restant à notre place d’homme.

Car Dieu n’a pas créé la nature avec des matières colorantes, mais avec des couleurs lumière. Pourquoi une parabole ? Pour mieux comprendre les réalités invisibles, Jésus parlait souvent en paraboles. Le sujet principal de cette parabole est le temple demeure de Dieu sur terre. « Je leur parlerai à l’aide de paraboles. Je leur annoncerai des secrets cachés depuis la création du monde. » Matthieu 13.35

Le tout premier temple était déjà une parabole.

C’est le Sanctuaire hébreu, temple démontable, construit d’après le modèle que Dieu avait montré à Moïse. Depuis le plan d’ensemble jusqu’au moindre détail du plus petit objet, ainsi que dans les services, tout préfigurait le ministère de Jésus-Christ.

La gamme colorée du Sanctuaire allait du bleu (couleur dominante) au rouge, en passant par le cramoisi. Il s’y ajoutait le blanc (qui n’est pas une couleur) et la brillance des métaux précieux : l’or (base jaune), l’argent (base bleue) l’airain (base rouge). Ainsi toutes les couleurs chantaient. Chaque couleur (ou assimilé) avait une signification.

* Le bleu : la pureté - la libération (devient pur celui qui est libéré de son impureté) Ex 24.10
* Le cramoisi : la purification (le sang de Christ qui purifie) Lv 14.
* Le rouge pourpre : la royauté. Jg 8.26
* L’argent : le rachat - la rédemption. Ex 30.16
* L’or : la foi agissante par l’amour. 1P 1.7
* Le blanc : a justice. Ap 19.7-8
* L’airain symbolise le ministère terrestre de Jésus (Jésus sera élevé comme le serpent d’airain)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Deux lieux de culte

Aujourd’hui en Auvergne, nous avons le privilège de pouvoir disposer de deux temples pour adorer et rencontrer Dieu ensemble ; tout en sachant que le véritable temple dans lequel Dieu veut habiter par son Esprit, c’est chacun de nous. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » 1 Corinthiens 3.16

Un temple pour être accueilli : celui de Riom (mis à disposition par l'Eglise Réformée de France depuis octobre 2004)
Un temple pour accueillir : celui de Vichy

L’ambiance colorée à Riom est neutre, donc sans influence sur nous. C’est une bénédiction de pouvoir prendre possession de ce lieu chaque sabbat en sachant que nos yeux ne subissent aucune influence subtile. La vie est celle que nous apportons, elle dépend de notre relation avec Dieu. L’ambiance colorée à Vichy est loin d’être neutre ; mais aujourd’hui, non seulement elle est en accord avec notre foi mais en plus elle est le résultat d’une histoire riche d’enseignements.

Projetons nous par la pensée dans le local vide de Vichy, c’est ce qu’il est aujourd’hui (vide) et revenons au début de l’histoire, à l’époque où l’Eglise d’Auvergne était encore Eglise de nom. Les membres de l’ex-église de Clermont-Ferrand n’ont pas de lieu autre que les maisons pour se rencontrer.

Été 2003

Les membres de l’ex-église de Vichy ont le désir de rénover le local, qu’ils considèrent encore comme le leur, bien qu’il soit officiellement le siège de l’Eglise d’Auvergne. Symboliquement, il s’agit de dépouiller ce local de son ancienne nature (des murs blanc cassé sale, une moquette ridée et tachée …) pour le revêtir d’une nature nouvelle (des murs blancs comme la justice de Christ et un sol que l’on veut seulement facile d’entretien et de couleur neutre pour ne choquer personne). Vichy ne demande pas l’aide de Clermont et Clermont a bien d’autres soucis, car Clermont cherche son propre local.

L’objectif de Vichy est atteint à la fin de l’été 2003 La salle de culte est impeccable, mais il lui manque la joie. La joie est apportée par des chapelets de coussins aux couleurs de l’arc-en-ciel. L’arc-en-ciel, symbole d’alliance entre Dieu et nous mais aussi à travers les coussins, lien symbolique entre ceux qui sont assis.

Quant à la vieille armoire, elle est placée dans l’entrée, peinte et ornée d’un cep de vigne et des paroles de Jésus-Christ lui-même en lettres d’or. « Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure portera du fruit en abondance ». Jean 15.5

2 ans plus tard, été 2005

Seuls les murs blancs, les coussins arc-en-ciel, et l’armoire cep de vigne n’ont pas bougé, comme s’ils étaient les gardiens de vérités éternelles. Le plafond est tout juste refait, suite au dégât des eaux survenu immédiatement à la fin des travaux. Et le sol est à refaire, car il est devenu mouvant et ondule dangereusement.

Avec le recul du temps, nous ne pouvons que constater la force et l’ironie de ce nouveau symbole : le sol de notre local à Vichy est un plancher (dans la Bible, le bois représente l’homme) et ce plancher repose uniquement sur du sable. « Celui qui écoute mes paroles sans faire ce que je dis, ressemble à un homme assez fou pour construire sa maison sur le sable. » Matthieu 7.26

De nouvelles équipes se constituent : (a) équipe « diplomatie » et relations avec le propriétaire ; (b) équipe « renouvellement du sol » ; (c) équipe « intendance, cuisine » et (d) équipe « déco » pour la touche finale. C’est la constitution de ces équipes qui apporte la preuve de l’existence d’une Eglise d’Auvergne de cœur.

L’équipe « renouvellement du sol » est en grande partie clermontoise. Son chef est efficace et en quelques jours l’église repose sur un fondement solide : une chape de béton dure comme le roc. « Celui qui écoute ce que je dis et qui l’applique ressemble à un homme sensé qui a bâti sa maison sur le roc. » Matthieu 7.24 La décision est prise de ne pas revêtir le sol, mais de lui donner une couleur qui fera un avec lui. Mais laquelle : vert, jaune, rouge, bleu ? Si nous avions eu conscience à ce moment-là que la couleur du roc, c’était son identité, nous aurions trouvé tout de suite cette couleur.

Souvenons-nous de la fin du Psaume 19 : « Oh ! Mon rocher ! Mon libérateur ! »

« Ils buvaient de l’eau jaillie d’un rocher spirituel qui les accompagnait ; et ce rocher n’était autre que  le Christ lui-même. » Corinthiens 10.4 Christ est notre rocher, notre libérateur ! Toujours est-il que, dans les esprits, le vert semble l’emporter et le bleu semble éliminé. A ce moment-là, Dieu nous fait un clin d’œil et ce ne sera pas le seul.

Au dernier moment, l’équipe chargée du choix se trouve dans l’embarras. Elle n’a que de la poudre sous les yeux et aucun moyen d’imaginer le résultat final. La poudre bleue est choisie car le bleu est doux, finement nuancé, il sent presque la lavande sous une brise légère. La poudre est lancée et le résultat dépasse tout ce que l’imagination pouvait concevoir.

Le fondement semblable au roc est d’un bleu puissant, chaleureux (un comble pour une couleur classée froide) et d’une grande richesse dans la diversité des nuances. Ce bleu renferme toutes les vérités du bleu : selon les emplacements c’est un bleu-roi, un bleu turquoise, un bleu glacier, un bleu lavande. Le bleu des grands espaces, du ciel de la mer, le bleu de la libération, le bleu de la liberté !

« Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Jean 14.6
« Vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres. » Jean 8.32

Après l’équipe « ménage » l’équipe « déco » entre en scène  pour mettre la touche finale et donner tout son sens au bleu. Pour cela, il lui suffit d’appliquer les lois des couleurs et de l’équilibre des formes. L’alliance arc-en-ciel des coussins est renouvelée :

Toutes les couleurs restent présentes, mais certaines sont cachées à l’intérieur d’autres et les proportions sont changées. La gamme colorée va maintenant du bleu vers le jaune d’or. C’est un nouveau « clin Dieu » mais nous ne le voyons pas tout de suite.

Dans le sanctuaire hébreu, la gamme allait du bleu vers le rouge pour préfigurer. En allant vers le jaune, elle ne préfigure plus mais elle confirme et explique ce qui est accompli et en train de s’accomplir. Le jaune associé au bleu, c’est la foi associée à la libération. C’est la glorieuse liberté des enfants de Dieu (Rm 8.21)

Pour que l’œil passe en douceur du bleu au jaune, il a besoin du vert - symbole d’espérance et aussi de croissance (une plante qui grandit passe par différentes nuances de vert). Ces couleurs vont bien ensemble, mais elles ne chantent pas car l’équipe « déco » n’a ni or, ni argent, ni airain.

Comment les faire chanter ? En appliquant la loi des complémentaires : une couleur chante grâce à la présence en petite quantité de sa complémentaire. La complémentaire du jaune est le violet (purification) - celle du bleu est l’orange. Ainsi, c’est la couleur la plus discrète en quantité, un lien orange sur les coussins, qui fait chanter le tout.

L’orange, c’est le rouge de la vie caché dans le jaune. C’est la gloire teintée de sang. C’est la vie de Christ en nous. « Christ en vous, l’espérance de la gloire. » Colossiens 1.27 Symboliquement, le lien orange d’un coussin à l’autre, c’est Christ qui nous unit.

Récapitulons

Tout ce que le Seigneur est pour nous : il est notre justice (blanc) ; notre fondement, notre rocher, notre libérateur (bleu) - il nous purifie par son sang (violet) - il est notre sauveur, notre vie (rouge caché dans le jaune) - il nous fait grandir (vert)

Toute cette symbolique de couleurs concerne les plans horizontaux. Il reste à équilibrer plans horizontaux et plans verticaux. En décoration, cela donne aujourd’hui - dans la salle de culte de l’Eglise d’Auvergne à Vichy - un élan vers Dieu sous forme d’un panneau vertical translucide, sur lequel on peut voir une plante fragile attachée à son tuteur et prometteuse de fruit. Cette plante, c’est chacun de nous mais c’est aussi la seule église appelée à grandir : l’église de cœur.

La même idée est exprimée par le cep dans l’entrée. « Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure portera du fruit en abondance. » Jean 15.5

J’arrive maintenant au bout de ce message avec un dernier « clin Dieu » qui est aussi une interpellation. Plusieurs mois après avoir peint ce cep, j’ai trouvé dans le livre JESUS CHRIST d’Ellen White, au chapitre « Ton roi vient » un passage que je tiens à vous lire maintenant (page 569).

Présentement, le temps n’est pas à la tristesse, mais à la joie : sur le panneau vertical au fond de la salle de culte à Vichy, il y a aussi une parole écrite, elle s’impose après tout ce qui vient d’être dit. C’est le verset clé de ce message.

« Réjouissez-vous de tout ce que le Seigneur est pour vous. » Philippiens 3.1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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