Peut-être l’Eternel agira-t-il en notre
faveur ! (1 Samuel 14,6-15)
Fara RAZAFINDRATSIMA
Le récit se déroule dans un contexte
désespéré pour l’armée d’Israël, confrontée aux troupes des Philistins
et privée de l’appui de Samuel, le prophète de Dieu. En effet, le roi
Saül a désobéi à l’Éternel qui a alors décidé de lui retirer la royauté,
ainsi qu’à sa descendance.
Cependant, cette sentence divine n’empêche
pas Jonathan, l’un des fils du roi Saül, d’espérer que Dieu puisse
malgré tout délivrer Israël par son intermédiaire. Il se sent toujours
un enfant de Dieu, uni à lui et ayant le droit légitime d’espérer en son
secours. Il ne se dit pas : « Dieu s’est détourné de moi et de ma
famille. Certainement, l’Éternel ne m’écoutera pas. »
Jonathan ne se dit pas non plus : «
Pourquoi vais-je encore risquer ma vie pour Israël et compter sur un
Dieu qui a rejeté ma famille ? Je devrais sauver ma vie et m’enfuir
comme les autres ou rester caché avec mon père et ses soldats ! »
Alors, sans en avertir son père (Cf.1
Samuel 14,6-7), Jonathan dit au jeune homme qui portait ses armes :
Viens et attaquons le poste de ces incirconcis. Peut-être l’Eternel
agira-t-il en notre faveur, car rien ne l’empêche de sauver par un petit
nombre aussi bien que par un grand. Son serviteur lui répondit : Fais
tout ce que tu as à cœur. Allons-y! Je suis prêt à te suivre où tu
voudras.
Ce jeune homme a toute confiance dans
l’inspiration de Jonathan, et sans hésiter, il est prêt à mettre sa vie
en jeu pour suivre son maître où il voudra. Dans le cœur de ces deux
jeunes gens, l’espérance en Dieu est plus forte que le doute, les
ambitions personnelles ou la peur.
À l’initiative de Jonathan, ils se
découvrent brusquement aux Philistins qui leur demandent alors de monter
jusqu’à eux. C’est justement le signe que Jonathan attendait. Alors, il
ne perd pas de temps et s’aide des mains et des pieds pour grimper vers
les Philistins, suivi de son écuyer. Ils forment ainsi une cible facile,
à découvert, et ayant pour seule assurance vie la conviction d’avoir le
soutien de Dieu.
En parvenant au sommet, Jonathan attaque
les Philistins sans aucune arme et son serviteur leur donne la mort
derrière lui. Ce sont 2 hommes qui en forment 1 seul car ils marchent
avec une unité de cœur, d’esprit et d’action. Dieu lutte au même moment
avec eux en faisant trembler la terre et en semant la panique parmi
leurs ennemis. Ils sont parfaitement unis à Dieu et entre eux.
Cette unité parfaite, qui plus est dans une
situation aussi dramatique est un don de Dieu. C’est la réponse à la
prière de Jésus dans Jean 17,21-23 où Jésus demande notamment au Père
d’unir parfaitement tous ses disciples entre eux, en lui et dans le
Père. Cette prière nous dévoile également que pour réaliser cette unité
vitale, Jésus nous a donné la gloire que le Père lui a donnée.
Cette unité est donc le fruit de la gloire
de Dieu. C’est la même unité qui unit le Christ au Père et le fait que
Jésus la partage avec nous prouve à quel point Dieu lui-même nous aime
comme il aime son fils unique. Si le Père ne nous aimait pas autant, il
nous serait impossible de vivre une telle communion avec lui et une
unité aussi complète avec tous les enfants de Dieu.
Cette unité manifeste au monde la gloire de
Dieu et elle glorifie Dieu. En fait, Jésus nous apprend qu’elle est la
preuve dont le monde a besoin pour reconnaître la divinité de Jésus et
l’amour que Dieu nous porte.
Autrement dit, cette unité est une
démonstration de la puissance de l’Évangile du Christ. L’évangile ne
peut être reconnu comme véridique que s’il est capable de réaliser
l’exploit de nous unir avec Dieu et entre nous.
Car le miracle, c’est de voir qu’il est
vraiment possible d’aimer Dieu et de pouvoir compter les uns sur les
autres, de s’aimer les uns les autres dans ce monde où règne
l’individualisme.
La prière de Jésus nous donne la certitude
que lorsque nous sommes véritablement unis, cette unité est d’ores et
déjà un « oui » de Dieu à notre espérance et à nos prières, comme elle
était certainement un oui de Dieu au projet de Jonathan et de son
écuyer.