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La faiblesse de Dieu : son humanité, Jean 11, 20-37


Fête de Toussaint

Qui n’a pas connu la douleur de la séparation ? Qui n’a pas été abattu de perdre un être cher ? Il y a deux jours, nous avons fêté la toussaint. Ce moment est particulier dans notre calendrier et nous rappelle ces questions et ces situations douloureuses. Face à ce jour, plusieures attitudes sont possibles : l’indifférence, la négation, le souvenir matérialisé par des fleurs ou le simple rappel dans notre mémoire de ces bons moments vécus avec l’être disparu.

Notre monde contemporain se pose beaucoup de questions face à cette grande inconnue qu’est la mort. Poètes, écrivains, comédiens, chanteurs tous expriment à leur manière des sentiments, des craintes et parfois des espérances. Nous en prenons pour preuve cette chanson d’Aldebert « C’est comment là haut ? ».

Face à ces questions, on a trouvé des réponses pour atténuer la douleur. Ainsi toutes sortes de croyances s’entremêlent. Réincarnation, vie après la mort, enfer, paradis, toutes à leur manière comblent un vide !

 La froideur de Jésus 

Jean aborde ce sujet délicat au travers une histoire émouvante que Jésus et ses disciples ont vécu. Lazarre son ami est malade puis décède. C’est alors toute une communauté qui est touchée. Face à cela plusieurs réactions de Jésus sont troublantes (v. 4, 15, 23-27). Le Christ fait preuve d’une froideur étonnante. Il semble indifférent à la situation de son ami et de sa famille. Pire, il utilise cette situation comme un prétexte (v. 4).

Face à Marthe, nous découvrons une facette  surprenante de Jésus. Il incarne la caricature populaire du dogmaticien qui explique une croyance de manière scientifique et systématique sans y mettre aucune émotion.

Au-delà de sa forme brutale, la doctrine annoncée et enseignée est une réalité pour Marthe. Elle est consciente de sa véracité cependant la douleur est plus forte. « Je suis convaincue… » v. 27.

 L’humanité de Jésus

L’intervention de Marie à la suite de Marthe marque le retournement de la situation.

Lorsqu’elle arrive, elle se jette aux pieds de Jésus et pleure. Cette attitude provoque chez Jésus une émotion soudaine qu’il ne peut contenir. Troublé, Jésus fond en larme face à cette situation dramatique. Pourquoi cette douleur soudaine chez Jésus?

Nous découvrons la faiblesse de Dieu : son humanité. Surprenant que le verset le plus court de la Bible (v. 35) présente un tel sentiment de la personnalité divine. Jésus n’exprime pas simplement de la sympathie pour la victime et sa famille mais de la compassion.

Un Dieu d’amour

Ce texte ne nous parle pas seulement de la capacité de Jésus à donner la vie. Il nous parle d’un Dieu qui aime et qui pleure la perte d’un fils. Car c’est bien ainsi que nous pouvons le lire. Dieu, notre Père, pleure jours après jours la perte de ses enfants. Existe-t-il une douleur plus forte que celle de perdre un enfant ?

Dieu est non seulement capable de vivre ce que nous vivons,  mais, Il le vie au quotidien ! Il souffre avec nous car il nous aime !

En pleurant, Jésus dévoile son amour pour l’homme. Il laisse exploser son humanité et sa compassion pour lui. C’est pour cela qu’il nous laisse ce message d’espérance.

« C’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui met sa foi en moi, même s’il meurt vivra. » v. 25

Philippe Penner
3 novembre 2007 à Riom, Eglise d’Auvergne

 

 

 

 

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